Rendez-vous avec M. BOS, Conseiller Général de Dordogne

Compte-rendu du rendez-vous de l’association Vivre à Saint-Capraise d’Eymet avec M. BOS, Maire d’Issigeac, Conseiller Général et membre du SMD3 - du 14/02/2005
samedi 26 février 2005
par  Association Vivre à Saint-Capraise d’Eymet, NT

Après une brève présentation des personnes représentant l’association (président, M. Chapoulie, secrétaire, MJ Boisseau, deux adhérents dont un ressortissant anglo-saxon), il a été demandé à M. Bos, son avis sur la réunion d’information sur l’incinérateur (26/01/2005 - Bergerac), en tant que premier élu rencontré après cet événement.

M. Bos rappelle le fonctionnement du SMD3 composé essentiellement des SICTOM et SIROM de Dordogne dont les membres sont en majorité des maires. Ils ne sont que deux conseillers généraux : M. F. Colbac et lui-même. Il réfute les accusations concernant leur mauvaise volonté à faire participer l’ensemble des autres intervenants et à vouloir concentrer le pouvoir.
M. Bos rappelle la loi de 1992, concernant la gestion des déchets et les taxes imposées aux départements qui ne la respectent pas. (TGAP).
Dans les prévisions du premier plan, 13 communes s’étaient portées volontaires pour recevoir un incinérateur, avec obligation de transport des déchets par voie ferrée.

M. Bos estime que les cheminées des incinérateurs de nouvelle génération ou ceux mis aux normes présentent des critères de rejets satisfaisants et conformes − voir en dessous − des normes imposées par l’Europe. Il a visité des installations en Espagne et en Suisse, dans lesquelles il reconnaît que le problème des cheminées se pose mais qu’une mise aux normes devrait régler.

La taille d’un incinérateur est calculée en fonction d’une quantité de déchets ménagers qu’il recevra pour maximiser ses performances. La quantité ne peut pas être augmentée, ni diminuée.

Un incinérateur doit se trouver près d’une source qui concentre la production de déchets.
Il dit que par conséquent notre réaction d’inquiétude était disproportionnée et non fondée : la commune rurale de St Capraise d’Eymet n’a pas le profil. Si le projet d’implantation d’un incinérateur (Centre de Valorisation Énergétique) se concrétisait, il se ferait plutôt aux abords de Périgueux.

L’association rappelle les nombreuses études et témoignages de scientifiques dénonçant sans ambiguïté le danger généré par l’incinération des déchets ménagers et marque bien sa position contre un incinérateur quel qu’en soit l’endroit.
M. Bos fait une remarque sur le diktat des études scientifiques.

Si on n’incinère pas, M. Bos se pose la question de savoir que faire de nos déchets dont le flux ne cesse d’augmenter, notamment avec un phénomène de re-population du milieu rural mais avec des personnes ayant la mentalité de consommation d’un urbain.
Il parle du problème des résiduels prophylactiques (déchets des hôpitaux) pour lesquels la seule solution actuelle est l’incinération.

Sous peu, la nouvelle loi va donner officiellement la compétence de la gestion des déchets ménagers au département. Ce ne sera plus le préfet mais les conseillers généraux qui auront en charge ce dossier.
Le président du Conseil Général, M. Cazeau, va mettre en place une démarche consultative notamment auprès des associations.

L’association dit sa volonté de vouloir trouver d’autres solutions que l’incinérateur, comme mettre l’accent sur le principe du tri sélectif à la source, du recyclage et du compostage. Grâce à ces méthodes, le contenu des poubelles doit se réduire au point de n’en laisser qu’une partie infime, qui devra être enfouie en attente d’une meilleure solution (espoir sur les progrès technologiques...). Elle précise que l’incinérateur, en plus des dangers qu’il génère pour la santé et l’environnement, ne règle pas le problème des décharges.

M. Bos acquiesce et dit que dans l’immédiat, un site devra être trouvé afin de construire un nouveau centre d’enfouissement, les deux existant en Dordogne (Milhac d’Auberoche, société privée ; St Laurent des hommes, public) arrivent à saturation.
Cependant, peu optimiste, M. Bos pense que ce nouveau centre, même si des mesures de tri sélectif et de recyclage sont mises en place et bien appliquées, se remplira avec un décalage d’à peine une année en comparaison de ceux utilisés actuellement et ne bénéficiant pas de mesures de tri poussé. Il donne au mieux trois ans et en conclut que l’on est loin d’une gestion des déchets s’inscrivant dans le temps.

L’association demande à M. Bos ce qu’il pense du plan départemental de la Charente. Cette dernière après avoir rejeté un premier plan utilisant deux incinérateurs a misé sur une prise en charge publique du traitement des déchets ménagers par un tri sélectif, un recyclage et compostage poussés et l’enfouissement des résidus secs (objectif : remplir le plus lentement possible le centre d’enfouissement, notamment en attente de progrès technologiques dans le retraitement des déchets).
M. Bos ne fait pas de commentaire particulier et parle du Département du Lot qu’il connaît mieux et dans lequel il constate que le compostage reste « symbolique » (malgré la distribution ou la vente de composteur individuel).
Il dit que le prix de revient d’un incinérateur est comparable à celui d’un centre d’enfouissement.
Il existe un problème des filières du tri pas encore bien développées dont l’investissement doit être calculé. Il faut faire un choix pour gérer le traitement du flux des déchets, par un organisme public ou par des prestataires.


Commentaires

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lundi 20 mars 2006 à 15h53 - par  ROMANOF

Votre article est trés intéressant, il existe un procédé rapide et propre pour réhabiliter les décharges, à voir sur www.valorom.com
ROMANOF

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