Dioxine : une étude nationale autour de 8 incinérateurs d’ordures ménagères

lundi 17 janvier 2005

17/01/2005

Une étude nationale sur l’impact des rejets de dioxine sur la population va concerner, à partir de mars, plus de 900 personnes vivant à proximité de huit incinérateurs d’ordures ménagères, a indiqué lundi l’Institut national de veille sanitaire (InVS).

La première phase préliminaire, menée conjointement par l’InVS et l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), avait été lancée en septembre dernier autour des incinérateurs d’ordures ménagères de Pluzunet (Côtes-d’Armor) et Gilly-sur-Isère (Savoie).

A l’issue de cette étude pilote destinée à tester le dispositif, l’étude nationale proprement dite, dont les résultats sont attendus pour la fin 2006, doit concerner à partir de mars la population vivant autour des incinérateurs de Pluzunet et de Dijon (Côte-d’Or), a précisé l’InVS.

Suivront les sites de Bessières (Haute-Garonne), Cluny (Saône-et-Loire), Fécamp (Seine-Maritime), Gilly-sur-Isère (Savoie) puis, enfin, à partir de juin ceux de Maincy (Seine-et-Marne) et Maubeuge (Nord), selon l’InVS.

Ces sites sont considérés représentatifs du parc d’usines d’incinération d’ordures ménagères en France et ils sont de plus, souligne l’Afssa, situés dans des zones où la consommation de produits locaux est avérée.

L’exposition prolongée aux dioxines peut entraîner des perturbations du système immunitaire et du développement du système nerveux, des troubles du système endocrinien ou de la fonction de reproduction. La TCDD, la plus toxique des dioxines, est classée depuis 1997 comme substance cancérigène.

L’étude nationale a pour objectif de quantifier une éventuelle sur-imprégnation aux dioxines des populations vivant autour des incinérateurs, la principale source de contamination étant alimentaire.

Il sera demandé aux personnes incluses dans l’étude (environ 130 par site) de décrire leurs habitudes alimentaires et leur environnement et de se prêter à un examen de santé comprenant une mesure de la pression artérielle, de la corpulence ainsi que des prélèvements sanguins et urinaires permettant de doser les dioxines et métaux lourds, rappelle l’InVS.

Les incinérateurs d’ordures ménagères en France émettent encore 10 à 20 fois plus de dioxines qu’en Allemagne, en Suède ou au Danemark, avaient estimé des experts lors d’un colloque au printemps dernier à Paris.

Début septembre, le ministre de l’Ecologie Serge Lepeltier a averti qu’il fermerait fin 2005 tout incinérateur non conforme aux normes européennes entrant en vigueur le 28 décembre 2005 : les installations devront alors émettre moins de 0,1 nanogramme/m3.



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