Île de La Réunion

mardi 21 décembre 2004

Décembre 2004.

Par la loi du 13 juillet 1992, il était entendu que les décharges devaient disparaître avant le premier juillet 2002. À cette date, le contenu de nos poubelles devait être valorisé de toutes les façons possibles, autrement dit transformé en compost à usage agricole, il fallait recycler ou réemployer les métaux, verres, papiers, plastiques...

Le verre redevient bouteille, les journaux et magazines renaissent sous forme de cartons ou papiers journaux, les bouteilles en plastique deviennent tuyaux, tubes téléphoniques et même pull-over. Le tri sélectif offre ainsi aux matériaux une nouvelle vie et permet la création d’emplois. Le recyclage est source d’emploi, pas l’incinération qui nécessite du capital et pas de travail. (Dans une île sans travail, aller contre l’emploi est criminel.)

Pour réussir le challenge du tri, une forte mobilisation de la population est nécessaire. Mais également un redéploiement des moyens mis à disposition des administrés, déchetterie, poubelles, bornes d’apport volontaire, et ambassadeur du tri.

Pour l’heure le constat est décevant : seulement 11 % de nos déchets sont revalorisés alors que les prévisions pour 2005 prévoyaient 36 %. Doit-on pour autant baisser les bras en accueillant comme solution l’installation d’incinérateurs, alors que parallèlement tous les moyens de réduire la production de déchets à la source n’ont pas été exploités ?

Les Verts Réunion réaffirment que la filière de l’incinération est mal maîtrisée et qu’elle comporte de nombreux risques. Un incinérateur coûte très cher, avec ce qu’il faut de dépoussiéreur et d’équipement dépolluant pour piéger les cendres volantes. Il doit fonctionner avec un maximum de tonnage pour être à son optimum d’efficacité et de coût. En d’autres termes, pour diminuer autant que possible le prix de l’incinération rapporté à la tonne d’ordures ménagères, les communautés de communes se trouveront dans l’obligation d’envoyer à l’incinérateur le plus de déchets possible ! Après avoir des années durant discouru et claironné sur les mérites du tri sélectif, nous allons le passer au dernier plan, pour amortir le coût des incinérateurs.

La perspective de brûler les ordures ménagères plaît à certains élus pourvu que les incinérateurs se tiennent loin de leur domicile. Car en France, ces usines à dioxine ont coûté la vie annuellement à entre 1.800 et 5.200 personnes. Il faut distinguer deux types de résidus de l’incinération : les dioxines et les déchets ultimes : les mâchefers et les Refioms).

Les premiers, composés organiques toxiques qui restent jusqu’à 30 ans dans l’organisme de l’homme. Les seconds, résidus chargés de métaux lourds comme le plomb et le mercure. Quant aux résidus d’épuration de fumée d’incinération des ordures ménagères, ils sont tellement toxiques qu’il faut les traiter et les enfouir en centre d’enfouissement technique de classe 1.

Les risques présumés pour la santé sont des affections graves de la peau, des cancers, des anomalies génétiques et des atteintes du système immunitaire. En outre les incinérateurs restituent à l’atmosphère le gaz carbonique, et ce faisant, ils apportent leur contribution à l’augmentation de l’effet de serre.

La filière incinération est d’abord un véritable enjeu économique et financier sous la dépendance de puissants intérêts privés, des filiales du groupe Bouygues, Vivendi ou Veolia, Lyonnaise des Eaux, Suez, etc... Ces industriels et leurs obligés, les élus qui les soutiennent ne nous présentent pas objectivement les dangers de l’incinération. Sous couvert de développement durable, on nous parle de solution propre, puisqu’elle élimine les déchets et permet de récupérer de l’énergie.

Ne sacrifions pas la santé des Réunionnais sur l’autel des intérêts de ces groupes. N’allons pas reproduire les erreurs de la Métropole !!!

Les Verts Réunion affirment que cette filière doit rapidement décroître en France (au Japon, la mobilisation des populations a conduit à la fermeture de dizaines d’incinérateurs, et à la mise en place d’une société du “tout recyclage”) et demandent pour la Réunion qu’un moratoire soit instauré sur la construction d’un incinérateur.

Véronique Dénès, élue Verte

Source : http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=6570



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